L’engouement pour le soufre dans le soya

May 6, 2019

Les bénéfices du soufre sur le rendement sont bien établis dans des cultures telles que les céréales d’hiver et la luzerne. Plus récemment, des agronomes ont mis en avant l’utilité de ce nutriment dans le maïs. Alors, qu’en est-il dans le soya?

Des chercheurs de l’Université Purdue ont signalé une hausse de rendement impressionnante attribuable au soufre dans le soya dans le nord-ouest de l’Indiana, ce qui a créé l’engouement dans l’industrie. Cependant, le verdict n’a toujours pas été rendu sur la réponse de la culture de soya au soufre en Ontario.

« En ce qui concerne le soya, nous n’avons pas encore assez de données pour dire que nous devrions nous enthousiasmer », déclare Horst Bohner, spécialiste du soya au ministère de l’Alimentation, de l’Agriculture et des Affaires rurales de l’Ontario (MAAARO). Bohner et ses collègues ont effectué 10 essais un peu partout dans la province en 2018, et d’autres sont prévus pour 2019. Il admet que, pour le moment, l’ensemble de données n’est pas assez robuste pour permettre de faire des recommandations solides en matière de soufre aux producteurs de soya de l’Ontario.

« En 2018, la plupart des essais n’ont montré aucune différence statistique de rendement pour les applications de 100 lb/acre de sulfate d’ammonium. Dans mes essais, l’incidence moyenne sur le rendement était de 2,3 boisseaux/acre. L’Université d’État du Michigan a fait des essais similaires, qui n’ont montré aucune incidence moyenne sur le rendement. Je soupçonne que, après avoir obtenu un plus grand ensemble de données, l’incidence moyenne dans le soya semé sur des sols riches en matière organique sera faible », déclare Bohner.

Adéquation potentielle avec les sols sableux

La seule observation qu’il reconnaît jusqu’à présent : « Il semble que ce soit sur les sols à faible teneur en matière organique, les sols sableux, que nous voyons des avantages. »

Jake Munroe, spécialiste de la fertilité des sols en grandes cultures au MAAARO, explique que la plus grande partie du soufre du sol est stockée dans la matière organique. « Si la teneur en matière organique d’un champ a diminué au cours des 20 à 30 dernières années, cela signifie que le sol fournit moins de soufre », dit-il. Le type de sol peut également jouer un rôle. « Les sols à texture grossière sont plus susceptibles d’être lessivés et ont une capacité moindre de rétention des éléments nutritifs. Sur ces sols, les applications de soufre dans le soya ont procuré une certaine rentabilité. »

Bien qu’une faible teneur en matière organique puisse être l’une des causes de la carence en soufre dans un champ, le principal facteur contributif est la chute de plus de 50 % des dépôts atmosphériques de soufre dans le sud de l’Ontario au cours des dernières décennies. Munroe cite les normes d’émission plus strictes comme l’une des principales raisons. « Dans le sud-ouest de l’Ontario, les dépôts atmosphériques de soufre sous forme de sulfate sont passés de 20 lb ou plus par acre au cours d’une année donnée à 5 à 10 lb aujourd’hui. »

ABC du soufre

Alors, quels sont les effets d’une carence en soufre sur une culture telle que le soya? Comme l’explique Munroe, le soufre est nécessaire à deux acides aminés importants. « Une carence en soufre affectera la production de protéines dans la plante. En ce qui concerne le symptôme de carence, il tend à apparaître comme un jaunissement des nouvelles pousses – des feuilles les plus jeunes – par opposition aux pousses plus anciennes. »

Munroe estime que le soya pourrait ne pas répondre autant à l’apport de soufre que les céréales d’hiver ou la luzerne en raison du calendrier des cultures. « Parce que le soya est généralement semé plus tard, l’absorption de soufre ne se fait que plus tard dans la saison. Cela donne au sol la possibilité de se réchauffer et de minéraliser et produire du soufre disponible pour les plantes, et ce à temps pour bien correspondre au moment de son absorption par la culture. »

Restez à l’affût des résultats

Des résultats plus concluants seront mis à disposition une fois que des recherches auront été menées pour évaluer la réponse du soya au soufre pendant la saison de croissance 2019. Le Pr John Lauzon, de l’École des sciences de l’environnement de l’Université de Guelph, effectuera des essais à la station de recherche universitaire. Il s’est associé à Munroe, à Bohner et à l’équipe du MAAARO pour effectuer des essais dans plusieurs exploitations agricoles.

« Ce sera un nombre convenable d’essais, répartis sur différents types de sol et dans différentes parties de la province, a déclaré Munroe. Nous pourrons alors parler en nous fondant sur deux années d’expérience. »

Le site Maîtres du Soya rendra compte des résultats à l’hiver 2020.

 
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