Ne laissez pas les insectes grignoter votre rendement

June 15, 2018

Démarrer en force et rester fort. C’est là une philosophie de gestion toute simple, que j’encourage les producteurs à mettre en pratique lorsqu’ils ambitionnent d’accroître leurs rendements de soya.

Une chose sur laquelle je mets beaucoup l’accent, c’est la nécessité d’avoir un peuplement de soya uniforme – tout comme le peuplement en « clôture de piquets » du maïs. Les variétés que nous semons aujourd’hui peuvent systématiquement produire un bon peuplement, mais si nous voulons tirer parti du potentiel génétique et du dynamisme de rendement, nous devons les aider à établir ce peuplement uniforme et à le conserver tout au long de la saison de croissance.

C’est là qu’entrent en jeu les traitements de semences fongicides et insecticides. Cette combinaison aide à protéger les plants contre les effets dévastateurs des maladies et ravageurs transmis par les semences et le sol. Depuis quelques années, toutefois, les producteurs ont tendance à utiliser des semences traitées seulement aux fongicides, ce qui complexifie l’atteinte d’objectifs de rendement plus ambitieux.

Recrudescence de la chrysomèle du haricot

Quand on ne traite pas les semences aux insecticides, on donne à des ravageurs – comme la chrysomèle du haricot, la mouche des semis et le hanneton européen – la possibilité de grignoter les rendements. Je crois qu’il est juste de dire que nous avons observé une recrudescence de la chrysomèle du haricot ces dernières années, et on nous a signalé encore plus de dégâts ce printemps. Bien des producteurs se rappelleront que, il y a 15 ou 20 ans, une portion importante des champs du sud de l’Ontario où levait le soya faisait systématiquement l’objet de pulvérisations. Or l’arrivée des traitements de semences insecticides a changé tout cela.

Les traitements de semences ont aussi fait la vie dure à la mouche des semis – un ravageur qui se nourrit des plantules et donne des plants rabougris. Ces derniers sont incapables d’exprimer le potentiel génétique des semences et compromettent le peuplement en clôture de piquets. La mouche des semis pose un autre défi, car de nombreux producteurs ont du mal à la détecter. Dans bien des cas, ce ravageur contribue à l’écart que l’on observe entre le taux de semis et le peuplement final. On attribue fréquemment cet écart à divers facteurs environnementaux, mais souvent le coupable est un ravageur, telle la mouche des semis.

Ce printemps, on a aussi signalé des dommages considérables causés par le hanneton européen aux peuplements de soya provenant de semences traitées uniquement aux fongicides. Ces incidents étaient liés à certains sols : en effet, les producteurs dont les sols ont une texture légère ont subi les plus grandes pertes. Ces producteurs seraient donc avisés d’employer des semences traitées aussi aux insecticides, dans le respect des exigences de conformité applicables.

J’ajouterais les pucerons et les punaises à la liste des ravageurs qui peuvent devenir incontrôlables si les producteurs optent pour des semences non traitées aux insecticides. Malheureusement, lorsqu’il s’agit de ces ravageurs, notre génétique semencière n’est d’aucune aide pour les producteurs, car il n’existe pas de variétés tolérantes ou résistantes, qui seraient économiquement avantageuses. Mais les traitements de semences insecticides peuvent briser le cycle de ces insectes.

Mettre l’accent sur le dépistage dans la culture

Comme je l’ai dit plus haut, nous devons démarrer en force, mais pour ce qui est des insectes, il nous faut aussi rester forts tout au long de la saison. Cela nécessite un bon programme de dépistage dans la culture. Nous devons détecter les infestations d’insectes (pucerons, chrysomèles du haricot, tétranyques, punaises ou autres) et utiliser des insecticides en fonction des seuils de nuisibilité. Il importe de prendre de bonnes décisions, fondées sur des considérations environnementales et sur la capacité de générer une incidence économique positive pour la culture.

En outre, il est essentiel de garder à l’esprit la gestion de la résistance lorsqu’on prend des décisions en matière d’insecticides. Si possible, les producteurs devraient se tourner vers des produits dotés de modes d’action multiples (l’insecticide Endigo, par exemple). La maîtrise à large spectre est également importante, tout comme une action rapide et une efficacité résiduelle. N’oubliez pas, toutefois, que rien ne remplace un dépistage efficace – il permet de détecter des ravageurs particuliers, aux seuils qui justifient la prise de mesures correctives ou de protection.

Sachez ce qui cause vos pertes de rendement

Par ailleurs, il nous faut mieux diagnostiquer les répercussions des insectes sur notre soya. Trop souvent, nous attribuons nos pertes de rendement au temps sec ou à d’autres facteurs de stress. Le travail de dépistage effectué par Syngenta au cours des trois dernières saisons montre que les producteurs perdent invariablement de 10 à 15 % de rendement après le stade R3.5 (stade du bourgeon terminal). Il y a perte soit de la gousse au complet, soit de fèves à l’intérieur de la gousse. Cela ne devrait pas se produire.

Malheureusement, il arrive souvent que nous ne fassions pas un bon travail de dépistage dans la culture de la fin juillet à la mi-août, et lorsqu’arrive la récolte, nous constatons qu’il y a des fèves avortées ou des problèmes de qualité, que nous attribuons au stress hydrique. Mais bien des fois, les vrais coupables sont des ravageurs, tels que les punaises.

Rappelons-nous qu’il nous faut démarrer en force et rester forts si nous voulons atteindre nos objectifs de rendement, et que les insecticides peuvent jouer un rôle capital dans la réussite de notre culture tout au long de la saison de croissance.

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